Article sur Autour de Marie et Louise

Nous sommes tous des « Marie et Louise » !
Marie et Louise, la rue et vous

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Nous sommes tous des « Marie et Louise » !

Il y a quelques endroits dans Paris un peu plus éloignés des stations de métro. Il y a aussi les grands quartiers que les agents immobiliers appellent le « Haut-Marais » (en haut de la rue du Temple) ou que les sociologues désignent le « Bas-Belleville » (en haut du Faubourg du Temple). Et puis, il existe, cachée entre le Canal Saint-Martin et l’Hôpital Saint-Louis une petite rue apparemment discrète, pas prête de se laisser prendre ! Abandonnons les bobos de l’autre côté du canal et laissons les communautés autarciques aux places qu’elles se donnent. Dans ce coin de Paname qui veille à ne pas perdre son âme, tout près d’un hôtel qui tente de garder sa gueule d’atmosphère, existe une modeste rue qui ressemble parfois au village auquel on voudrait rêver, dans l’authenticité et la simplicité.

La rue Marie et Louise n’est pas bien grande, et on n’arrive pas là par hasard. Ou pas tout à fait. Et puis si c’est le cas, tant mieux, vous serez toujours bien reçu ! Non que la proximité de l’Hôpital Saint-Louis incite à… l’hospitalité, mais parce que la rue compte nombre de bars et restaurants. Installée ici depuis 40 ans, Manu tient le comptoir des « Copains d’Abord » au X13X, Stéphane et ses collègues s’activent frénétiquement aux fourneaux et au service du « Bistrot des Oies » au X2X, servant de succulentes spécialités du Sud-Ouest. Le café « la Soupière » au X12X accueille souvent des musiciens jeunes ou moins jeunes, à côté d’un chaleureux restaurant italien au X10X. Une pizzeria/pâtisserie vient d’ouvrir au X2X. L’Asie est aussi servie avec un petit restaurant chinois au X15X et surtout le « Cambodge » au X16X, Nous y reviendrons (dans un prochain article) : les gens retournent toujours dans ce restaurant aux plats copieux et aux prix bon marché ! Surtout, la rue ne doit pas son atmosphère à ses seuls tables et comptoirs même si les restaurateurs et débitants de boissons contribuent évidemment à l’ambiance (qui n’attend pas la seule Fête de la Musique)…

Il y a aussi nombre d’activités aux rez-de-chaussée des quelques immeubles que compte la rue, cette activité est due au passage qui était plus dense lorsque l’entrée principale de l’Hôpital Saint-Louis était celle de l’avenue Richerand, côté canal. La rue Bichat s’en remet difficilement. Un peu plus de chance pour Marie et Louise, pourtant très modeste aussi, car attention, elle n’est pas un énième nouvel Oberkampf et ne compte pas le devenir !

Se comptent aussi un architecte et son épouse sculpteuse, deux design’euses d’intérieur débordantes d’idées au #8#, une tatoueuse-maquilleuse originale et experte au X16X et une artiste aux multiples talents au X11X qui vous attendent dans leurs humbles échoppes, boutiques, show-rooms. Avec un cours de danse, un atelier de sculpture municipal. Un reprographe, un fabricant de médailles et autres objets de « relations publiques », un atelier de dépannage, plomberie et chauffage et une supérette au milieu, au X7X! La rue ne prétend pas être une rue d’artistes. Aussi et surtout on trouve la Maison de la Rue, centre d’aide et d’accueil de l’association « Emmaüs » (dont nous reparlerons aussi).

Quand les rez-de-chaussée de cette petite rue ne comptent pas une boutique, un bar ou un bureau, ils abritent des particuliers qui ont installé leur logement dans d’anciens baux commerciaux. Ces gens ont eu l’originalité et l’opportunité de vivre en laissant souvent ouverts leurs rideaux, leurs fenêtres et parfois leurs portes, donnant l’impression d’habiter, disons-le, directement sur la rue. Une façon littérale d’investir sa rue, et une méthode radicale pour s’imaginer comme dans un petit village ! Mais à Paris subsiste toujours un peu de difficulté ou de gêne par rapport à ce type d’initiatives… Pourtant pour animer une rue, c’est une bien belle idée, de la part de simples habitants, que de décloisonner les murs et de s’approprier un tant soit peu, et momentanément les trottoirs !

A.D et C.J - Dix et Demi - mars 2004

contact : dixetdemi@free.fr